Une dynamique économique qui se renforce d’année en année, une embellie financière sur une pente ascendante, des indicateurs macroéconomiques solides et stables, c’est ce tableau chiffré particulièrement reluisant et optimiste de l’économie ivoirienne que le Ministre Adama Coulibaly a présenté ce mardi 16 juin au Sénat, 72h après son passage devant les députés.
Ce tableau résulte en effet du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEF) 2027-2029 qu’il a exposé devant les sénateurs, dans le cadre du débat d’orientation budgétaire, sans vote.
Conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances, cet exercice constitue une étape essentielle dans le processus d’élaboration du budget de l’Etat et permet de fixer les grandes orientations économiques, budgétaires et financières du Gouvernement à moyen terme.
Une dynamique de croissance et des finances publiques en consolidation
Ainsi, dans son exposé, le ministre Adama Coulibaly a indiqué que dans un environnement international toujours marqué par des incertitudes économiques, le Gouvernement mise sur la poursuite de la résilience de l’économie ivoirienne. Dans ce cadre, sur la période 2027-2029, la croissance est projetée à une moyenne de 6,8%, avec un pic attendu à 7,7% en 2029.
Ces performances, a-t-il poursuivi, traduisent la solidité de l’économie nationale. « Nous avons une croissance soutenue sur toute la période, portée par le dynamisme de nos secteurs productifs et les réformes engagées », a souligné l’émissaire du Gouvernement.
Sa présentation a également fait ressortir que sur le plan budgétaire, les prévisions annoncent une progression régulière des ressources de l’Etat. Ainsi, le budget devrait passer de 17 350 milliards FCFA en 2026 à 18 466 milliards FCFA en 2027, puis à 20 485 milliards FCFA en 2028, avant d’atteindre 22 315 milliards FCFA en 2029.
Cette évolution, a souligné le ministre, sera soutenue par un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures. « La clé, c’est le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures. C’est cela qui nous permettra d’avoir de meilleurs indicateurs », a-t-il affirmé.
Les recettes fiscales sont ainsi attendues à 8 818 milliards FCFA en 2027, avant d’atteindre 11 512 milliards FCFA en 2029.
En ce qui concerne le déficit budgétaire, après être passé de 6,7% du PIB en 2022 à 3% en 2025, il remonterait légèrement à 3,8% en 2026 avant de revenir à 3% dès 2028, conformément aux normes de l’UEMOA.
Quant au ratio dette/PIB, qui culminait à 59,5% en 2024, il devrait progressivement reculer à 52,8% en 2029. « La dette est maîtrisée et nous sommes engagés dans un véritable processus de désendettement », a assuré le ministre.
Priorités sectorielles et poursuite des réformes
Le ministre Adama Coulibaly a en outre rappelé que cette programmation budgétaire reste alignée sur le Plan national de développement (PND) 2026- 2030. Dans cette perspective, 28,3% des ressources budgétaires seront consacrées au capital humain, notamment à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale.
Parallèlement, près de 49% du budget seront orientés vers les infrastructures structurantes, les pôles économiques régionaux ainsi que les investissements liés à la transition écologique.
Au titre des réformes, le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget a annoncé la poursuite de la rationalisation des exonérations fiscales, l’intensification de la digitalisation de l’administration fiscale et douanière ainsi que la mise en œuvre progressive de la fiscalité verte, notamment à travers la taxe carbone.
Il a enfin réaffirmé la volonté du Gouvernement de maintenir une trajectoire de transformation économique durable, portée par une croissance soutenue, des finances publiques assainies et une meilleure efficacité de la dépense publique.
SERCOM MEFB



