Adama COULIBALY, ministre ivoirien de l’Economie : ‘’La Côte d’Ivoire va disposer de 900 millions $ de DTS’’

La Côte d'Ivoire devrait recevoir 900 millions de dollars des Droits de tirage spéciaux, la monnaie mise en place par le FMI afin d'irriguer les économies du monde et accélérer la relance qui s'amorce. Adama COULIBALY, le ministre ivoirien de l'Economie et des Finances, a donné l'information en début de semaine au cours d'une interview accordée à France 24.

Cette enveloppe a été évaluée sur la base des 33 milliards de dollars de DTS que le continent africain devrait recevoir dans le cadre de l'émission de 650 milliards de DTS par le FMI.

La Côte d'Ivoire bénéficiera ainsi de la plus importante part des fonds alloués à la zone UEMOA qui sont évalués à 2,2 milliards de dollars de DTS, a indiqué l'argentier ivoirien.

Toutefois, pour les pays africains, le volume global de 33 milliards de dollars de DTS est bien en deçà des besoins d'une région qui a subi de plein fouet le choc de la Covid-19 et a réalisé en 2020 sa pire performance économique en un quart de siècle. Une donne qui a été au cœur du Sommet de Paris qui a planché sur des ressources additionnelles à apporter à ces économies.

" Il y a eu une reconfirmation de certaines initiatives qui ont été actées, notamment l'allocation des DTS, des droits et tirages spéciaux. Il y a eu également l'initiative de suspension du service de la dette qui a été actée avec une prolongation jusqu'à la fin de cette année. Il y a également la question liée au cadre commun sur concernant les pays dont la dette n'est pas soutenable. Tout cela a été acté. Maintenant, il y a des engagements nouveaux qui ont été pris, qui consistent par exemple à faire en sorte que ceux des pays industrialisés qui disposent de réserves confortables puissent allouer leur part de droits et tirages spéciaux … ", a souligné le ministre.

A cet effet, rappelons que l'idée d'une réallocation des DTS afin de porter la part revenant à l'Afrique à 100 milliards de dollars est la grande information des assises de Paris.

" Sur ce point précis également, le Fonds monétaire international a été mandaté pour faire des études. Comment ces ressources additionnelles vont être utilisées ? Est-ce que ça va se faire à travers le fonds fiduciaire de réduction de la pauvreté et de la croissance ? Ou bien est-ce que cela va se faire à travers les banques multilatérales de développement ? Les deux options sont sur la table ".

" Si on abonde dans le sens du fonds fiduciaire, a-t-il ajouté, le FMI va disposer de ressources additionnelles qu'il pourra mettre à la disposition des Etats avec des durées plus longues de remboursement, avec des taux d'intérêt plus bas. Si ça passe à travers les banques multilatérales de développement, ces banques vont disposer de ressources qui vont servir à avoir un effet de levier des ressources beaucoup plus importantes pour accompagner les efforts de développement des pays ".

‘'La Côte d'Ivoire peut produire des vaccins contre la Covid-19''

Par ailleurs, alors que l'accès au vaccin reste problématique sur le continent où ‘' le taux de vaccination oscille entre 3 et 5%, là où dans d'autres régions on est déjà à 40%'', Adama Coulibaly a rappelé l'urgence de mobiliser de nouvelles ressources afin d'accélérer la campagne.

" (…) mandat a été donné au Fonds monétaire international de faire en sorte que 40% de la population africaine soit vaccinée. Et cela va avec une mobilisation des ressources additionnelles. Parce qu'aujourd'hui, c'est 25 milliards dollars qui sont mis à disposition. Si on passe à 50 milliards, on pourra effectivement doubler le nombre de personnes vaccinées d'ici la fin de l'année, c'est-à-dire 40%. "

" Donc, il ne faudrait pas qu'il y ait un monde à deux vitesses, une partie du monde vaccinée qui va avec une économie qui marche, et une autre partie qui continue d'être derrière avec des problèmes de vaccination et des problèmes de relance économique. Donc, tout est possible. C'est une question simplement de solidarité internationale. Et si elle est effective, on peut arriver à cet objectif. "

Le ministre a en outre soutenu l'idée d'une production locale, en Afrique des vaccins contre la Covid-19 comme l'a acté le sommet de Paris. " L'Organisation mondiale du Commerce a été mandatée de regarder ces histoires de brevets et de droits de propriété pour permettre qu'au moins temporairement, des autorisations soient données pour que les vaccins puissent être produits sur le continent africain. "

La Côte d'Ivoire pour sa part dispose d'infrastructures et d'industries pharmaceutiques à même de lui permettre de se lancer dans la production de vaccins. " On a une zone franche qui abrite certaines unités de fabrication de médicaments. Pourquoi ne pas accroître les capacités ou bien installer de nouvelles unités industrielles dédiées à la fabrication des vaccins pour la Covid-19 ? ", a relevé Adama COULIBALY.

Source : sikafinance.com / Jean Mermoz Konandi